
Ralentir le pas le long du fleuve
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Il y a une manière bien particulière de traverser les Chartrons. Elle n’obéit pas aux aiguilles d’une montre, mais plutôt aux caprices de la lumière qui ricoche sur la pierre blonde de la rue Notre-Dame, ou à l’épaisseur de la brume qui s’élève de la Garonne aux premières lueurs d’octobre.
On dit souvent que les Chartrons sont un village dans la ville. Mais qu’est-ce qu’un village, sinon une somme de rituels partagés ? C’est le bruit sourd d’un rideau de fer qui se lève sur une rangée de commodes Directoire, l’odeur enveloppante d’un café de spécialité qui s’échappe d’une porte cochère, ou le clapotis de l’eau contre les pavés du quai où les silhouettes s’étirent en fin de journée.
Dans ce premier numéro, nous avons choisi de poser nos bagages et d’éteindre nos écrans. Nous n’avons pas cherché à compiler les adresses à la mode ni à suivre le rythme effréné de la métropole. Nous avons préféré nous asseoir à la table des artisans, écouter le silence des vieux chais et lever les yeux vers les balcons en fer forgé.
Ce magazine est une invitation à la flânerie pure. Une lettre d’amour sur papier mat à ce petit morceau de Bordeaux qui sent le lin, le bois ciré, le vin vieux et les matins calmes. Prenez le temps. Tournez les pages au rythme où le fleuve s’écoule.
La Rédaction.
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One response to “Sous les pavés, la vigne”
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